« J'ai besoin de travailler ma confiance en moi. » Cette phrase, je l'entends très souvent en consultation. Mais la confiance en soi et l'estime de soi, ce n'est pas la même chose — et confondre les deux, c'est risquer de s'attaquer au mauvais problème. Commençons par les fondamentaux.
Les trois dimensions : estime, confiance et amour de soi
Le psychologue français Christophe André distingue trois composantes interdépendantes du rapport à soi :
L'estime de soi
C'est le jugement global que nous portons sur notre valeur en tant que personne. Non pas ce que nous faisons ou accomplissons — mais ce que nous sommes, fondamentalement. Une bonne estime de soi, c'est le sentiment profond et stable d'être une personne valable, méritant respect et considération — indépendamment de ses succès ou échecs.
La confiance en soi
C'est la croyance en notre capacité à faire certaines choses — parler en public, diriger une réunion, apprendre une nouvelle langue. Elle est plus fluctuante que l'estime de soi, car elle dépend des expériences concrètes. On peut avoir une grande confiance en soi dans son domaine d'expertise et une faible confiance en soi dans d'autres domaines.
L'amour de soi
C'est la dimension la plus profonde : la capacité à se traiter avec bienveillance, notamment dans les moments d'échec ou de difficulté. L'amour de soi, c'est être pour soi-même ce qu'un bon parent est pour son enfant : exigeant mais bienveillant, encourageant mais honnête.
Comment l'estime de soi se forme-t-elle ?
L'estime de soi se construit essentiellement dans l'enfance, à travers les interactions avec nos figures d'attachement principales (parents, enseignants, fratrie). Quelques mécanismes clés :
Le regard de l'autre comme miroir fondateur
Jusqu'à environ 6-7 ans, l'enfant construit son image de lui-même en grande partie à travers le regard que les adultes lui renvoient. Un parent qui valorise les efforts (même imparfaits), qui nomme les qualités de l'enfant, qui le traite comme une personne capable et digne d'amour inconditionnel — pose les fondations d'une bonne estime de soi.
Les messages parentaux encodés
Les messages répétés de l'enfance s'encodent comme des vérités absolues dans l'inconscient. « Tu es maladroit(e). » « Tu n'y arriveras jamais. » « Arrête de pleurer, c'est ridicule. » Ces phrases, même dites sans mauvaise intention, peuvent laisser des empreintes profondes qui structurent l'image de soi pour des décennies.
Les expériences de compétence et d'échec
L'estime de soi se nourrit aussi des expériences de compétence — ces moments où l'enfant (puis l'adulte) s'est confronté à un défi et l'a surmonté. Elle se fragilise face aux échecs répétés, surtout s'ils ne sont pas accompagnés d'un cadre bienveillant qui aide à les relativiser.
Les signes d'une estime de soi fragilisée
Une faible estime de soi peut se manifester de façon très différente d'une personne à l'autre. Parmi les signes les plus fréquents :
- La peur du jugement : difficulté à s'affirmer, à exprimer son opinion, à dire non
- Le perfectionnisme paralysant : ne rien commencer pour ne pas risquer de mal faire
- La dépendance affective : besoin intense de validation externe pour se sentir bien
- L'autocritique excessive : se traiter soi-même avec une sévérité qu'on n'appliquerait jamais à un ami
- La résistance au changement : rester dans des situations douloureuses par peur de l'inconnu
- Les comportements compensatoires : surperformance professionnelle, addictions, comportements agressifs pour masquer une insécurité profonde
L'estime de soi peut se reconstruire à tout âge
C'est le message d'espoir fondamental que je veux transmettre : une faible estime de soi n'est pas une fatalité. Le cerveau adulte est plastique — il peut créer de nouveaux circuits neuronaux, déconstruire de vieilles croyances, et installer de nouvelles façons d'être avec soi-même.
Ce travail demande du temps et de l'engagement — mais il est possible. Dans mon cabinet à Bussy-Saint-Georges, j'accompagne régulièrement des personnes qui ont traversé des années de mal-être lié à une faible estime d'elles-mêmes, et qui ont trouvé le chemin vers une relation à soi plus douce, plus juste, plus épanouissante.
Page revue en août 2026 · Cadre déontologique · Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis médical.
À lire ensuite
Dans le même fil.
L'hypnose pour traiter les phobies
Comment l'hypnose ericksonienne désamorce une peur qui résiste à la volonté.
Lire →Article —Qu'est-ce que l'hypnose ericksonienne ?
Un état naturel de conscience modifiée — que vous connaissez déjà sans le savoir.
Lire →Article —Hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle
Deux choses qui n'ont en commun que le nom. Mise au point.
Lire →Écrit et pratiqué par
Catalina Catuna
Psychopraticienne en thérapies brèves et coach certifiée, en exercice depuis 2014 au cabinet de Bussy-Saint-Georges (77600) et en visioconférence. Elle écrit ces textes entre les séances, à partir de ce qu'elle pratique.
- Praticienne en hypnose ericksonienne — Psynapse, 2014
- Maître-praticienne en PNL — Psynapse, 2014
- Coach certifiée ICI — Psynapse, 2015
- Psychopathologie — ARCHE / Indigo Formations, 2015
- Certifiée FFJR — jeûne et randonnée, 2022
Membre de la FFHTB et de la NGH · supervision professionnelle régulière · charte déontologique · parcours complet
Premier pas
Une question après cette lecture ?
Un premier échange bref, sans engagement, pour voir si cette approche vous correspond.
* Selon mes disponibilités. Si je suis en séance, laissez-moi un message : je rappelle toujours.
- Cabinet53 boulevard Antoine Giroust
77600 Bussy-Saint-Georges - Stages47 rue Saint-Martin
02400 Bonnesvalyn - Téléphone06 73 31 22 57
- E-mailcatalina.catuna@gmail.com
- VisioPartout en France